
Le 18 juin 2026, l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP), en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, a organisé à Cotonou une session des Cercles de réflexion. Placée sous le thème « Les institutions juridiques en Afrique : entre contre-pouvoir et continuité du pouvoir exécutif », cette rencontre a rassemblé universitaires, chercheurs et représentants de la société civile pour débattre des enjeux cruciaux liés à la gouvernance démocratique sur le continent. La coordination des travaux a été assurée par les présidents des Cercles de réflexion : le professeur de linguistique Maxime da Cruz, la professeure de sociologie-anthropologie Monique Ouassa Kouaro, et le professeur agrégé en sciences de gestion Maxime Hounyovi.
Après des échanges en groupes, la phase de restitution a mis en lumière des constats forts :Le rôle du juge constitutionnel. Selon le Père Roland Téchou, rapporteur du premier groupe, le Chef de l’État est garant de l’ordre constitutionnel et social. Mais en cas de dérive, il doit pouvoir être rappelé à l’ordre par le juge constitutionnel. Or, ce dernier est souvent influencé par l’exécutif, qui tend à se considérer comme un pouvoir absolu. « Aucun pouvoir n’est éternel », a rappelé le Père Téchou, insistant sur l’importance des valeurs juridiques et de l’impartialité pour préserver l’équilibre démocratique.
Pour Dénis Hodonou, rapporteur du deuxième groupe, les juges constitutionnels en Afrique manquent de liberté pour interpeller l’exécutif, car ils sont généralement nommés par ce dernier. Cette dépendance limite leur capacité à agir en contre-pouvoir.
Mélinda Hounkponou, porte-parole du troisième groupe, a quant à elle, souligné que l’exécutif exerce une forte influence sur la Cour constitutionnelle, allant jusqu’à priver les juges de leur budget par exemple. Elle propose donc de réduire les pouvoirs trop concentrés dans les mains de l’exécutif afin de renforcer l’autorité et l’indépendance de la Cour.
Précisons qu’au terme de la rencontre, le Directeur de l’IAJP, le Père Eric Aguénounon, a annoncé le prochain rendez-vous. Il s’agit d’une conférence prévue le jeudi 23 juillet 2026, avec pour invité Mgr Roger Houngbédji, archevêque de Cotonou. Thème retenu: « Alternance politique et État de droit en Afrique : un vrai enjeu de stabilité et de développement ».



