
A l’occasion des cinq ans de la loi n°2021-12 relative à la santé sexuelle et à la reproduction, l’Association des Journalistes en Santé Sexuelle et Reproductive (AJ-SSR Bénin) a organisé, le mercredi 16 septembre 2026 à Cotonou, un Café Presse autour du thème : « Loi 2021 sur la SSR : cinq ans après, que peuvent les médias ? ». Il a réuni des responsables d’organes venus de divers horizons.
Le 20 décembre 2026 marquera les cinq ans de la promulgation de la loi n°2021-12, qui modifie et complète la loi n°2003-04 relative à la santé sexuelle et à la reproduction au Bénin. Cette réforme a notamment élargi les conditions dans lesquelles une interruption volontaire de grossesse (IVG) peut être autorisée en République du Bénin. L’Association des Journalistes en Santé Sexuelle et Reproductive (AJ-SSR Bénin), a donc initié un Café Presse pour un état des lieux de sa mise en œuvre.
Organisée dans le cadre de la campagne DOXAMI, cette rencontre a pour objectif de permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les dispositions de cette loi et d’échanger sur les difficultés liées à la couverture médiatique des droits en santé sexuelle et reproductive. Mieux, ce Café Presse vise à renforcer les capacités des médias afin qu’ils puissent contribuer à une meilleure compréhension de la loi et à une information plus précise du public.
Pour Fulbert Adjimehossou, journaliste scientifique et membre de l’AJ-SSR Bénin, l’initiative part d’un constat : de nombreux journalistes disposent encore de peu d’informations sur le contenu de la loi. Après des activités organisées à Parakou et à Bohicon, l’association a relevé des difficultés dans le traitement journalistique de cette thématique, jugée particulièrement sensible.
Il insiste notamment sur l’importance de l’accès aux sources. Selon lui, les professionnels des médias doivent pouvoir identifier des interlocuteurs compétents et diversifier leurs sources, notamment auprès des chercheurs, des médecins, du ministère de la Santé, de l’Agence nationale des soins de santé primaire et des directions départementales de la santé.
De son côté, le Dr Elvis Seriki, communicateur lors du Café Presse, a rappelé les principales dispositions de la loi. Celle-ci autorise l’IVG lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie ou la santé de la femme, lorsqu’elle résulte d’un viol ou d’une relation incestueuse, ou lorsque l’enfant à naître est atteint d’une affection d’une particulière gravité. La loi prévoit également une possibilité liée à une situation de détresse matérielle, éducationnelle, professionnelle ou morale incompatible avec l’intérêt de la femme et/ou de l’enfant à naître.
Dr Seriki a également souligné plusieurs difficultés dans l’application de ces dispositions. Il a notamment cité l’objection de conscience de certains professionnels de santé, la question de l’accessibilité financière ainsi que la méconnaissance persistante de la loi par une partie de la population et même par certains professionnels.
Le décret adopté en 2023 précise par ailleurs les conditions de pratique de l’IVG et prévoit notamment l’intervention de professionnels dûment habilités dans des formations sanitaires publiques ou privées disposant de l’agrément requis. Il encadre également la prise en charge et reconnaît la clause de conscience.
L.T.



