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Mise en œuvre du projet culturel Oriki Mi : une avancée notable dans la valorisation du patrimoine immatériel

L’Association Écrivains Humanistes du Bénin (EHB) a dressé, le vendredi 17 avril 2026, le bilan à mi-parcours de son projet culturel intitulé « Oriki Mi ». C’était au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue à la Bibliothèque Bénin Excellence de Godomey, en présence d’acteurs culturels et de membres du comité scientifique.
Cette sortie médiatique du comité de coordination avait pour objectif de faire le point sur l’état d’avancement de ce projet innovant, soutenu par le Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts (MTCA), à travers l’Agence pour le Développement des Arts et de la Culture (ADAC).
Lancé en 2022, lors de sa phase de conception, le projet « Oriki Mi » est entré en exécution en décembre 2025. Il vise à collecter, sauvegarder et valoriser les panégyriques claniques appelés « Oriki », en langue yoruba, dans les départements de l’Ouémé et du Plateau, au sud-est du Bénin. Ces expressions orales, riches en histoire et en identité, seront compilées sous forme de publications écrites et de supports audio.
Selon le président de l’association EHB, Camille Sègnigbèdé, cette initiative répond à un besoin crucial : celui de renforcer l’identité culturelle des jeunes générations. « La jeunesse a besoin de repères solides pour s’affirmer. Malheureusement, l’accès à ces ressources culturelles reste limité. Le projet Oriki Mi ambitionne d’apporter des solutions durables à cette problématique en valorisant et en transmettant ce patrimoine », a-t-il fait savoir.
Sur le terrain, les équipes ont mené une vaste campagne de collecte entre décembre 2025 et mars 2026. La secrétaire du comité scientifique, Dr Catira Dodo, a indiqué que plusieurs panégyriques ont été enregistrés dans différentes localités, couvrant les aires culturelles gun, nago et yoruba. À l’issue de cette phase, 22 panégyriques ont été retenus, puis entièrement transcrits et traduits en français, après un processus rigoureux de sélection et d’épuration des données.
Le coordonnateur du comité scientifique, Martial Alayé, a salué les efforts accomplis tout en évoquant certaines difficultés rencontrées sur le terrain. Il a également présenté les prochaines étapes du projet. Parmi celles-ci figure la transformation des panégyriques collectés en une œuvre théâtrale originale, fondée sur les récits authentiques recueillis.
Par ailleurs, les travaux éditoriaux se poursuivent en vue de la publication d’un recueil regroupant les panégyriques sélectionnés et leurs traductions. En parallèle, un travail de traitement et de montage des enregistrements permettra de produire un support audio de référence, essentiel pour préserver l’oralité et la musicalité propres aux Oriki. À terme, le projet ambitionne de mettre à la disposition des populations du sud du Bénin une œuvre complète, accessible en formats papier et audio. Une initiative qui s’inscrit pleinement dans la dynamique de sauvegarde et de promotion du patrimoine culturel immatériel béninois.


Présent aux côtés des conférenciers à l’occasion de cette sortie médiatique, l’expert technique international représentant l’ADAC, Alain Laeron, a reconnu la pertinence du projet Oriki Mi. « Ce projet n’est pas seulement un outil de financement, mais aussi un instrument de revalorisation et de réhabilitation culturelle », a-t-il déclaré.

C.L.A.

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