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Soirée déontologique de l’ABECS : les experts-comptables stagiaires confrontés à l’éthique, à l’IA et au blanchiment de capitaux

La lumière est tamisée, les costumes sombres, les carnets ouverts. Dans la soirée du mercredi 29 juillet 2026, la salle Madiba du Golden Tulip Le Diplomate s’est transformée en amphithéâtre de la rigueur. Fidèle à son plan de travail annuel 2026, l’Association Béninoise des Experts-comptables stagiaires et diplômés de Comptabilité Supérieure (ABECS) a tenu sa soirée déontologique.

Sous la présidence de Gérald Houessinon, président de l’ABECS, et de Serge Mensah, président du Conseil de l’Ordre des Experts-Comptables et Comptables Agréés du Bénin (OECCA-Bénin), experts diplômés et futurs experts se sont retrouvés pour une seule urgence : garder la confiance.

Dès l’ouverture, le ton est donné. Debout, Gérald Houessinon balaie la salle du regard.
« La profession à laquelle nous aspirons repose toute entière sur la confiance : confiance des clients, des institutions, du public envers nos jugements et nos signatures. Cette confiance ne se décrète pas. Elle se construit, jour après jour, à travers des principes que nous devons connaître, comprendre et surtout savoir appliquer face aux situations concrètes que le terrain nous impose », a-t-il déclaré. Un rappel qui sonne comme un serment. Car, le métier a changé. Le secret professionnel, jadis absolu, doit désormais composer avec une autre injonction.
« Le secret professionnel doit désormais composer avec des obligations croissantes de vigilance contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Notre indépendance doit rester indiscutable et prioritaire », martèle le président de l’ABECS.

Serge Mensah renchérit, plus direct encore : « La déontologie, c’est le cœur même de notre métier. C’est l’esprit. C’est tout. Et c’est ce qui détermine si ce professionnel a de la qualité ou pas. La déontologie représente, à elle seule, plus de 70 % de notre métier. De l’entrée dans la profession jusqu’à la sortie. »

Puis il plante le décor des années à venir : « De l’entrée dans votre profession jusqu’à la sortie, vous serez confrontés à des problèmes d’éthique, de valeurs, de morale, d’intégrité, d’indépendance. Ce sont des préoccupations qui vont jalonner toute votre existence et vous aurez à faire un choix. »

Trois panels, trois lignes de front

La soirée s’est articulée autour de trois temps forts, animés par des praticiens du terrain.

Le premier panel : « Le secret professionnel et la lutte contre le blanchiment de capitaux » Evariste Songbé, expert-comptable diplômé, a ouvert le débat. La question : comment rester gardien du secret quand la loi vous oblige à dénoncer ?
Sa réponse s’appuie sur le cadre légal : « Les rapports, avis, notes d’information et documents produits par le CAC dans le cadre de sa mission sont exclusivement destinés à l’usage interne de l’entité auditée et aux organes sociaux prévus par la loi. »
Et d’ajouter : ils ne peuvent être communiqués à des tiers sans accord écrit préalable, sauf obligation légale d’affichage ou de dépôt. Entre confidentialité et vigilance, le funambule doit garder l’équilibre.

Le deuxième panel : « Indépendance professionnelle de l’expert-comptable »
Michel Tossa, expert-comptable diplômé, prend la suite. Le message s’adresse surtout aux jeunes qui montent leurs cabinets.
« Le jeune expert-comptable a besoin de clients pour faire vivre son cabinet. Mais il a besoin de son intégrité pour construire durablement sa carrière », a-t-il affirmé.

Le troisième panel : « IA, réseaux sociaux et discipline professionnelle ». L’expert-comptable diplômé Wilfried Kouessi a porté l’attention sur cette thématique. Il décortique les nouvelles zones grises. Entre un post LinkedIn mal calibré et un usage irréfléchi de ChatGPT pour rédiger un rapport, la faute disciplinaire guette. Il salue les bienfaits des outils numériques et de l’intelligence artificielle pour gagner en efficacité. Mais il met en garde : l’usage doit se faire avec discernement.

Pendant près de trois heures, les échanges ont été denses, toujours respectueux. Entre deux interventions, on entendait le cliquetis des stylos et le murmure des stagiaires qui prenaient des notes comme on prend des armes.

L’ABECS a tenu sa promesse : actualiser les connaissances et surtout rappeler que, derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes garants de la crédibilité économique du pays.

E.D

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