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4e Forum des Médias sur les Maladies Tropicales Négligées : Michaël Tchokpodo revient sur les enseignements clés

Les 29 et 30 janvier 2026, le Bénin a abrité le 4e Forum des Médias sur les Maladies tropicales négligées (MTN), une activité du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), avec l’appui de ses partenaires. À l’issue de cette rencontre inédite, nous avons interrogé le coordonnateur du REMAPSEN-Bénin, Michaël Tchokpodo. Dans cette interview exclusive, il fait le point sur la tenue de cet événement et rappelle quelques défis qui attendent l’organisation au plan local.

Kanbio24.info : À l’issue de ce forum, quels enseignements tirez-vous en tant que coordonnateur du réseau local et président du comité d’organisation au niveau pays ?

Michaël Tchokpodo : Les enseignements sont multiples. D’abord, en ce qui concerne la thématique abordée, à savoir les maladies tropicales négligées. Comme leur nom l’indique, ce sont des maladies souvent mises de côté dans les politiques de santé publique. Certaines ont été éradiquées, d’autres réapparaissent selon les périodes. Il s’agit notamment de maladies comme la lèpre, l’ulcère de Buruli et bien d’autres infections qui continuent de sévir dans nos populations, particulièrement en zones rurales, là où les questions d’aménagement du territoire, d’assainissement et de salubrité restent d’actualité.
Le premier enseignement est qu’il revient aujourd’hui aux médias, notamment à travers le REMAPSEN, de mettre en lumière ces maladies dites « négligées ». Même si le grand public les ignore, elles continuent de sévir. Il y a encore des décès et, selon les données disponibles, plus d’un milliard de personnes dans le monde sont touchées par ces maladies. Ce n’est pas négligeable.
À partir du moment où ne serait-ce qu’une seule personne est concernée, cela nous concerne tous. Nous devons donc travailler à leur éradication pour la bonne santé des populations. Notre rôle est de continuer à sensibiliser, à informer les autorités à tous les niveaux ainsi que les populations, afin d’attirer l’attention des gouvernements et des partenaires pour une meilleure prise en charge de ces problématiques.
Il s’agit également d’informer les populations sur les stratégies de prévention : savoir où se rendre dès l’apparition des premiers symptômes, éviter de rester à la maison en pensant, à tort, qu’il s’agit d’un phénomène mystique, et privilégier une consultation rapide dans un centre de santé. Une prise en charge précoce permet de limiter les séquelles et les handicaps.
Le deuxième enseignement concerne le rôle des médias dans l’organisation d’activités de grande envergure. Pour le REMAPSEN Bénin, il s’agissait d’une première édition d’un forum d’une telle ampleur, qui a regroupé une vingtaine de pays membres du réseau africain. Cela a permis aux experts de partager leurs connaissances et d’adresser des recommandations aux gouvernements, aux partenaires, aux journalistes et aux autres parties prenantes.
En résumé, les enseignements portent à la fois sur l’éradication des maladies tropicales négligées et sur le rôle crucial des journalistes en tant qu’acteurs de plaidoyer et de sensibilisation.

À l’issue de ce forum, un dîner de gala a été organisé, au cours duquel les meilleures productions et coordinations locales ont été récompensées. Le Bénin a été distingué comme meilleur réseau local. En tant que coordonnateur national, qu’avez-vous ressenti ?

C’est une grande fierté. Nous ne travaillons pas pour obtenir des prix, mais pour que les thématiques de santé et d’environnement soient réellement prises en compte. Nous œuvrons pour que les journalistes spécialisés disposent d’informations fiables et pertinentes afin de produire des contenus de qualité.
Ce prix est le fruit d’un travail collectif. Nous sommes une quarantaine de journalistes au sein du REMAPSEN Bénin. Seul, je n’aurais pas pu accomplir tout cela. C’est également le résultat de la vision du président du réseau, Youssouf Bamba, qui œuvre pour renforcer les standards du réseau en Afrique. Nous avons été agréablement surpris, car plusieurs critères entrent en ligne de compte : la reconnaissance légale, la régularité des activités, la participation aux rencontres régionales, la production de contenus, etc. Nous avons organisé une douzaine d’activités au cours de l’année écoulée, ce qui a certainement contribué à cette distinction.
Mais pour nous, ce prix n’est pas une fin en soi. Au contraire, il nous engage davantage. Il nous confirme que nous sommes sur la bonne voie et nous encourage à redoubler d’efforts, à élargir notre réseau de partenaires et à améliorer continuellement la qualité de nos productions.

Quelles sont les activités prévues pour l’année 2026 et quels défis attendent le réseau au plan local ?

Nous allons poursuivre nos activités habituelles : participation aux webinaires régionaux, production de contenus, collaboration avec nos partenaires et organisation des rendez-vous du REMAPSEN.
Les thématiques à aborder restent nombreuses : hépatites, VIH, paludisme, maladies tropicales négligées, santé maternelle, maladies cardiovasculaires, cancers, vaccination, financement de la santé, environnement, etc.
Nous souhaitons également développer des activités conjointes avec d’autres ONG, organisations internationales et institutions publiques. L’organisation d’activités sportives et la promotion de l’activité physique font aussi partie de nos projets, car la prévention passe également par l’adoption de bonnes habitudes de vie.
Parmi les défis majeurs figure le renforcement de notre visibilité auprès des acteurs de la santé et de l’environnement au Bénin. Nous prévoyons de solliciter des audiences auprès des institutions de régulation des médias, des ministères concernés ainsi que des partenaires techniques et financiers, afin de présenter notre distinction et de renforcer les collaborations.
Nous voulons aussi élargir notre implantation territoriale. Nous avons déjà des membres dans plusieurs villes, mais notre ambition est d’être représentés dans toutes les régions du pays, notamment à travers les radios communautaires et les médias locaux.

Un mot de fin à l’endroit des membres du réseau local ?

Mon appel est simple : l’engagement. Aujourd’hui plus que jamais, les regards sont tournés vers le REMAPSEN Bénin. Nous devons faire preuve de sérieux, de détermination et de professionnalisme
Je remercie tous les membres pour leur dévouement. Ce n’est pas toujours facile, mais chacun contribue avec passion. Nous continuerons à recruter de nouveaux journalistes afin d’étendre notre action sur toute l’étendue du territoire.
Ensemble, nous devons poursuivre notre mission : informer avec rigueur, sensibiliser efficacement et contribuer à l’amélioration de la santé et de l’environnement pour le bien-être des populations.

Réalisation : C.L.A.

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