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Entretien exclusif avec le jeune artiste-photographe béninois Carlos Sodokpa à l’occasion de l’exposition ‘’N.ART.URE.L…’’ à Pahou : « La forêt est un espace habité, au-delà du visible »

Jeune Artiste-photographe béninois qui trace son chemin depuis des années, Carlos Sodokpa expose actuellement une série immersive de neuf œuvres au cœur de la forêt classée de Paou. Et ce dans le cadre de la 2e édition de l’exposition « N.ART.URE.L – Les muses de la forêt ».
À travers des photographies imprimées sur tamis peints, il explore le thème Les muses de la forêt et invite le public à redécouvrir cet espace naturel comme un lieu vivant, habité d’esprits et ouvert à la création contemporaine.

Kanbio24.info : quoi peut-on s’attendre concernant vos œuvres présentées ici, dans la forêt ?

Carlos SODOKPA : Pour cette exposition, j’ai présenté une série de neuf photographies imprimées sur toile et montées sur des tamis peints de différentes couleurs. Si vous venez à la forêt classée de Baou, vous découvrirez des œuvres assez singulières. J’ai essayé de retranscrire l’esprit de la forêt.
Puisque le thème de cette année est Les muses de la forêt, j’ai voulu montrer que la forêt est un lieu habité par un esprit, voire par des esprits invisibles. Ma série de photos tente ainsi de suggérer que les lieux occupés par les œuvres vont au-delà de leur simple présence physique. Il existe une muse, une énergie, un esprit qui habite l’espace que nous occupons actuellement.

Combien de photographies signées Carlos sont présentées dans cette exposition ?

Il s’agit d’une série de neuf photographies. Elles sont disposées dans un espace circulaire afin de permettre au visiteur, placé au centre, d’avoir une vue panoramique et de découvrir l’ensemble des images.

Au-delà de ce que vous venez de dire, quelle autre sous-thématique se dégage à travers ces images ?

Il s’agit surtout d’inviter le public à découvrir les œuvres. Lorsque l’on parle de forêt, beaucoup imaginent un lieu fermé ou inaccessible. Il est vrai que certaines forêts sont protégées pour préserver leur écosystème ou qu’elles sont éloignées des populations. Mais, à travers cette exposition, nous invitons la population à découvrir la forêt et à se l’approprier.
Il s’agit également de montrer que les artistes peuvent intervenir dans des espaces autres que les galeries et les lieux conventionnels. La forêt est un espace ouvert à tous. Les artistes y exposent actuellement et le public peut venir découvrir le travail des artistes béninois.

Qu’est-ce qui a guidé votre choix technique pour cette participation ? Quelle a été votre source d’inspiration et dans quelle direction s’oriente ce choix ?

La première fois que j’ai utilisé ce support, c’était en 2023, lors de l’édition zéro de Naturel. J’y avais présenté une première série de photos dans laquelle je portais des soutiens-gorge afin d’évoquer le changement climatique et le réchauffement de la planète.
L’idée de base, en utilisant le tamis, était de représenter les écrans : la télévision, le téléphone, l’ordinateur — tous ces supports qui véhiculent et partagent l’information. C’est à travers eux que nous recevons les nouvelles. J’ai donc voulu symboliser ce système de diffusion.

Au-delà de cet aspect, le tamis est fabriqué par des artisans locaux. J’ai à cœur de valoriser les tamis béninois et de leur donner une place dans les galeries et les grands espaces d’exposition. Généralement, les photographies sont imprimées sur papier photo ou sur toile, puis encadrées. J’ai voulu montrer qu’il est possible d’exposer des photographies sans cadre ni protection en verre, selon l’espace d’exposition. La forêt s’y prête particulièrement bien.
La première expérience a été concluante. Pour cette deuxième édition, j’ai ajouté de la couleur. Lors de la première, j’avais laissé les tamis dans leur état naturel. Cette fois-ci, afin de créer une véritable fusion entre la photographie et son support, j’ai ajouté de la couleur pour que l’image s’intègre harmonieusement au tamis.

C.L.A.

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