
Acteurs clés de l’éveil et du développement des enfants dès leurs pas à l’école, les éducateurs et éducatrices des écoles maternelles occupent une place d’une importance capitale dans le système éducatif béninois. Malheureusement, malgré l’existence d’un cadre légal, des écarts persistent entre les textes et la réalité sur le terrain. Le SYNAEM-BÉNIN, à travers son secrétaire général national, et par le biais d’un plaidoyer, appelle les autorités gouvernementales à renforcer la reconnaissance administrative et professionnelle de ces acteurs stratégiques de l’éducation.
C.L.A.
Plaidoyer pour une pleine reconnaissance de la fonction des éducateurs et éducatrice en poste dans les écoles maternelles.
Dans le cadre de sa mission statutaire de défense des intérêts matériels et moraux de ses membres, le Syndicat National des Enseignants des Écoles Maternelles du Bénin (SYNAEM-BENIN) souhaite porter très respectueusement à l’attention des plus hautes autorités de l’État, une réflexion sur la situation des éducateurs et éducatrices en poste dans nos écoles maternelles publiques.
Acteurs de premier plan dans le développement cognitif et social des tout-petits, ces professionnels dévoués contribuent silencieusement à la mission fondamentale de l’école béninoise. Le SYNAEM-BENIN, fidèle à son engagement pour un dialogue social constructif, appelle à une application rigoureuse et bienveillante des textes qui régissent leur profession, afin de garantir leur épanouissement et, par ricochet, la qualité de l’encadrement offert à nos enfants.
- Des professionnels formés, dotés d’un statut clair
Notre plaidoyer s’appuie sur les dispositions du Décret n° 2015-593 du 21 novembre 2015 portant statuts particuliers des corps des personnels enseignants du premier degré. Ce texte fondamental reconnaît, en son article 4, l’éducateur de l’enseignement maternel comme « un professionnel de l’enseignement maternel ayant une formation dans le domaine », il est un maillon essentiel de la chaîne éducative, classé à la catégorie D (article 3). Il ne s’agit donc pas d’un personnel d’appoint, mais bien d’un agent public qualifié, dont la mission est cruciale pour l’éveil et la réussite future des élèves.
- Une situation de terrain contrastée, des espoirs légitimes à concrétiser
Force est de constater qu’aujourd’hui, un décalage persiste entre les belles dispositions de ce décret et la réalité vécue par de nombreux éducateurs sur le terrain. Le SYNAEM-Bénin se fait le relais de ces préoccupations, dans un esprit de collaboration avec les autorités de tutelle.
· Une question d’identité professionnelle : Il est parfois relevé que la dénomination administrative de certains collègues ne correspond pas à leur qualification réelle. Une harmonisation des mentions portées sur les actes de gestion, conformément à l’article 12 du décret, constituerait un premier geste fort de reconnaissance.
· Des perspectives de carrière à redynamiser : L’article 11 du statut prévoit un tableau indiciaire et des possibilités d’avancement pour le corps des éducateurs. Nous observons un besoin de fluidifier ce parcours professionnel, notamment par l’ouverture de perspectives d’évolution. La mise en œuvre des examens professionnels (comme le CEAP, prévu aux articles 6 à 9) pour accéder au corps des instituteurs adjoints serait une réponse concrète aux aspirations légitimes de ces personnels, leur offrant une visibilité et une motivation accrues.
· Des fins de carrière à sécuriser : L’absence de perspectives claires peut malheureusement conduire certains à envisager des départs anticipés. La mise en place d’une gestion prévisionnelle des carrières, permettant de valoriser l’expérience et l’ancienneté, est essentielle pour garantir à tous une retraite digne après une vie de service public.
- Un appel au dialogue pour une avancée commune
Le SYNAEM-BENIN a toujours privilégié la voie du dialogue et de la concertation. Les dossiers relatifs à la situation des éducateurs et éducatrices ont été présentés aux différentes autorités compétentes, témoignant de notre volonté de travailler main dans la main avec l’administration pour trouver des solutions durables.
Nous sommes convaincus que l’amélioration des conditions de vie et de travail de ces professionnels est un investissement pour l’avenir de notre système éducatif. Un éducateur reconnu, valorisé et dont la carrière est épanouissante est un éducateur plus efficace, plus engagé et plus à même de transmettre les valeurs de notre République aux générations montantes.
En conclusion, le SYNAEM-BENIN lance un appel respectueux aux autorités.
Nous les invitons à engager, sans délai, une réflexion approfondie sur les pistes suivantes :
· La régularisation de la situation administrative de tous les éducateurs pour faire correspondre leur intitulé de poste à leur qualification réelle.
· L’organisation prochaine des examens professionnels statutaires, afin de rétablir une dynamique de carrière.
· L’engagement d’un processus de déblocage et de revalorisation des carrières, en prenant en compte l’ancienneté et en appliquant les dispositions indiciaires prévues par la loi.
Le SYNAEM-BENIN réaffirme sa disponibilité à prendre part à toutes les rencontres qui pourront être initiées pour avancer concrètement sur ces dossiers. Il en va de la crédibilité du dialogue social et de la justice due à ces femmes et ces hommes qui consacrent leur vie à l’éveil de nos enfants.
Fait à Cotonou, le 15 mars 2026
Pour le SYNAEM-BENIN
Le Secrétariat Général,
Gaétan KPONOUKON.



