
À l’occasion de l’édition 2026 de la Journée internationale de la sage-femme, célébrée chaque année le 5 mai, les projecteurs se posent naturellement, et sans fioriture, sur une figure emblématique de la santé maternelle et de la lutte pour le respect strict des droits des patients dans les établissements sanitaires au Bénin. Il s’agit d’Annick Nonohou Agani, une personnalité incontournable sur l’échiquier national. Depuis plus d’un quart de siècle, cette sage-femme d’État, juriste et militante infatigable incarne un engagement profond pour la dignité des patientes et l’humanisation des soins.
Comme le dit l’adage populaire, « un bienfait n’est jamais perdu ». Annick Nonohou Agani a récemment été couronnée par une reconnaissance institutionnelle de haut niveau. Dans un ouvrage inédit élaboré par le Ministère des Affaires sociales, avec la validation du Ministère de la Santé et le soutien de l’UNFPA, 160 femmes héroïnes du Bénin ont été mises en lumière à travers les 12 départements du pays. Parmi elles, Annick Nonohou figure en bonne place, consacrée pour son combat en faveur de l’accouchement sans violence et sa lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) en Afrique francophone. Une distinction qui vient saluer 25 années d’un engagement constant et courageux, digne d’une amazone des temps modernes.

Depuis des années, Annick Nonohou Agani s’est imposée au Bénin et ailleurs en Afrique comme une référence incontournable dans son domaine. Diplômée de l’Institut national médico-sanitaire en 1999, elle a gravi les échelons grâce à son professionnalisme et à sa détermination. De la Clinique du Plateau à Abomey-Calavi à la maternité militaire de Parakou, en passant par le Centre hospitalier départemental du Borgou et le Centre hospitalier universitaire de la Mère et de l’Enfant Lagune, elle a marqué chaque étape de son parcours par son engagement en faveur de soins respectueux des droits humains.
Au-delà de sa carrière de sage-femme d’État, c’est surtout son combat militant qui a forgé sa renommée. Depuis 2009, elle mène une lutte sans relâche contre toutes les formes de violences faites aux patientes en milieu sanitaire : violences verbales, physiques, psychologiques, économiques ou sociales. En 2013, elle franchit un cap décisif en fondant le Réseau des soignants amis des patients (R-SAP), une organisation engagée dans la promotion de la qualité des soins, la protection des droits des patients et l’instauration d’une véritable démocratie sanitaire.
Au titre des distinctions et reconnaissances, tant au plan national qu’international, il convient de rappeler qu’Annick Nonohou Agani a été nommée en 2023 par le Président de la République du Bénin en qualité de cheffe du pôle Assistance aux victimes à l’Institut national de la femme (INF). En 2017, elle a été distinguée par l’OMS à Genève comme sage-femme leader en Afrique subsaharienne pour la qualité de son offre de soins et de services dans les domaines de la santé maternelle, néonatale, infantile et de l’adolescent (SMNIA).
En 2026, Annick Nonohou Agani est invitée par la directrice exécutive de la Confédération internationale des sages-femmes en tant que panéliste pour partager son expérience de professionnelle engagée, sage-femme, juriste, activiste des droits humains en milieu sanitaire et lanceuse d’alerte contre les violences gynécologiques et obstétricales. Elle interviendra devant environ 3 000 sages-femmes à Lisbonne, au Portugal. Elle est également partenaire technique et stratégique de l’Autorité de régulation du secteur de la santé (ARS) et d’Amnesty International Bénin en matière de protection des droits des patients et de lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales.

Sous son leadership, le R-SAP œuvre à transformer les pratiques médicales au Bénin et en Afrique. Annick Nonohou Agani a également conçu des outils et indicateurs de suivi validés par les autorités sanitaires, contribuant ainsi à l’intégration des droits des patientes dans les politiques publiques de santé.
L’expertise d’Annick Nonohou Agani en droit de la santé, en démocratie sanitaire et en humanisation des soins fait d’elle une voix respectée dans son pays, le Bénin. En cette Journée internationale de la sage-femme, son combat résonne comme un appel à l’action : former davantage de sages-femmes, certes, mais surtout promouvoir une nouvelle vision des soins respectueux des droits des patients.
Rappelons que cette année, la journée est célébrée autour du thème : « Un million de sages-femmes de plus » (« One Million More Midwives »).
C.L.A.



