
Fidèle à son engagement, celui de servir de véritable cadre de réflexion et d’échanges entre les citoyens de toutes les couches sociales, l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP) a démarré, jeudi dernier, ses activités au titre de l’année 2026. Pour ce premier rendez-vous, tenu au Chant d’Oiseau à Cotonou et ouvrant ainsi la voie à une série d’autres rencontres, le choix a été porté sur une thématique majeure qui ne laisse plus personne indifférent : « Les réformes constitutionnelles en Afrique : entre efficacité, stabilité et controverses ».
Pour leur conférence inaugurale de l’année, les responsables de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP) ont, sous la coupole du Père Éric Aguénounon, Directeur dudit Institut, décidé d’aborder l’épineuse question des réformes constitutionnelles en Afrique. À cet effet, ils ont fait appel à un éminent universitaire qui s’y connaît bien. Il s’agit de Monsieur Hilaire Akérékoro, Professeur agrégé de droit public (CAMES), Professeur titulaire des universités, diplômé d’études littéraires, diplômé Magna Cum Laude d’études bibliques à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Selon l’homme de droit, le résultat d’une révision constitutionnelle est appelé réforme constitutionnelle, un processus qui fait intervenir plusieurs voix, dont la plus haute autorité se traduit par la souveraineté du peuple, la loi référendaire et la loi institutionnelle. Toutefois, la réforme peut prendre deux formes principales : l’adoption d’une nouvelle Constitution, qui marque le plus souvent l’avènement d’une nouvelle République, ou la modification d’une Constitution existante par des mécanismes de révision. À cet effet, plusieurs pays ont été cités en exemple par le conférencier, notamment le Togo, le Bénin, le Cameroun et la République démocratique du Congo.
Quid des modalités des réformes constitutionnelles ?
Bien qu’elles remplissent des fonctions pédagogiques et de développement, culturelles (qui intéressent les citoyens), novatrices et de stabilisation, les réformes constitutionnelles reposent sur des modalités précises, a martelé le Professeur Hilaire Akérékoro. Il ressort de ses propos quatre principales modalités : la consultation populaire appelée référendum ; l’initiative de la révision constitutionnelle par le gouvernement ou les députés à l’Assemblée nationale ; le respect des exigences internationales ; et enfin, la possibilité d’abroger certaines dispositions de la Constitution.
Cependant, les réformes constitutionnelles opérées dans les pays africains sont, dans la plupart des cas, controversées. Elles sont souvent manipulées à des fins personnelles à travers deux procédés bien connus évoqués par le Professeur Hilaire Akérékoro : la suppression de la limitation du nombre maximal de mandats ou la prolongation de la durée du mandat, comme au Bénin où l’on est passé du quinquennat au septennat.
En résumé, l’objectif premier qui sous-tend toutes les initiatives de réformes constitutionnelles est d’améliorer ou d’actualiser la loi fondamentale d’un pays et de l’adapter aux réalités contemporaines. Malheureusement, ces réformes ne consolident pas toujours la démocratie et l’État de droit. Pire encore, elles sont souvent sources de profondes divergences qui, si elles sont mal gérées, pourraient mettre en péril la paix et la cohésion sociale.



